Stellantis est né le 16 janvier 2021 de la fusion entre le Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Cinq ans plus tard, le groupe ne ressemble plus vraiment à ce que les architectes de cette union avaient dessiné. Les décisions prises depuis 2025 redistribuent les cartes entre les héritages français et italien, avec des conséquences visibles sur les moteurs, les usines et les marques.
Moteurs Fiat contre PureTech : le choix technique qui révèle le nouveau Stellantis
Pourquoi parler de moteurs quand on veut comprendre un groupe automobile ? Parce que le choix d’un bloc moteur détermine quelles usines tournent, quels ingénieurs travaillent et quel pays conserve son savoir-faire.
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Chez Stellantis, ce choix est tranché. Les motorisations 1.3L et 1.5L d’origine Fiat (la famille FireFly) sont en cours d’adaptation pour répondre à la norme Euro 7, dont les nouvelles homologations débutent le 29 novembre 2026. Ces blocs sont associés à des systèmes hybrides avancés.
Le PureTech français est progressivement abandonné au profit des moteurs Fiat. Cette décision, rapportée par plusieurs médias spécialisés début 2026, marque un tournant. Le PureTech équipait la majorité des Peugeot, Citroën et DS depuis une décennie. Son remplacement par un moteur d’origine italienne signifie que le centre de gravité technique du groupe se déplace vers l’ex-FCA.
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Pour les propriétaires actuels de véhicules PureTech, pas de panique : les pièces de rechange resteront disponibles. La question porte sur les futurs modèles, qui hériteront d’une base mécanique conçue à Turin, pas à Vélizy.

Fermeture de l’usine de Paris : Stellantis et la fin de la production automobile dans la capitale
Stellantis a mis fin à la production automobile à Paris après plus de huit décennies d’activité sur le site historique. Cette fermeture, confirmée en avril 2026, s’accompagne d’une stratégie de rapprochement avec des partenaires chinois pour combler les capacités de production libérées.
Paris ne produit plus de voitures Stellantis depuis 2026. Le symbole est fort : PSA était indissociable de la région parisienne. Quand le groupe choisit simultanément de fermer ce site et de courtiser la Chine pour remplir le vide, la logique industrielle prime sur l’héritage géographique.
Ce mouvement s’inscrit dans un schéma plus large. Depuis le départ de Carlos Tavares fin 2024, les décisions stratégiques semblent favoriser une rationalisation dictée par les coûts, pas par l’attachement territorial. Les usines françaises qui restent actives doivent prouver leur rentabilité face à des sites italiens, américains ou turcs.
Gouvernance Stellantis après Tavares : qui dirige et dans quelle direction
Carlos Tavares a dirigé Stellantis depuis sa création, avec un mandat clair : réduire les coûts et fusionner les cultures PSA et FCA. Son départ a ouvert une période d’incertitude.
John Elkann, président du conseil d’administration et héritier de la famille Agnelli, reste la figure dominante de la gouvernance. La famille Agnelli, via la holding Exor, détient une participation de référence dans Stellantis. Côté ex-PSA, la famille Peugeot et l’État français conservent des parts, mais leur influence sur les décisions opérationnelles a diminué depuis 2025.
Le basculement du pouvoir vers l’ex-FCA ne se lit pas uniquement dans l’organigramme. Il se manifeste dans les choix concrets :
- Les moteurs FireFly italiens remplacent le PureTech français sur les futurs modèles du groupe
- La production parisienne historique est arrêtée, tandis que les sites italiens et américains conservent leur activité
- Les partenariats industriels récents (notamment avec des constructeurs chinois) sont pilotés depuis des logiques de marché global, pas de préservation du tissu industriel français
Cette évolution pose une question directe : Stellantis reste-t-il un groupe franco-italien, ou devient-il un groupe à dominante italienne coté à Paris et Amsterdam ?

Les marques Stellantis en 2026 : Peugeot, Citroën, Fiat, Chrysler et les autres
Stellantis rassemble un portefeuille de marques parmi les plus larges du secteur automobile. Côté ex-PSA : Peugeot, Citroën, DS Automobiles et Opel. Côté ex-FCA : Fiat, Alfa Romeo, Maserati, Jeep, Chrysler, Dodge et Ram, entre autres.
Chaque marque conserve en théorie son identité. En pratique, la mutualisation des plateformes et des moteurs brouille les frontières. Une Peugeot 3008 et un Opel Grandland partagent déjà leur base technique. Avec l’adoption des blocs FireFly, cette convergence s’accentue.
Le risque pour les marques françaises est précis : si le moteur, la plateforme et les composants électroniques viennent de l’ex-FCA, que reste-t-il de spécifiquement Peugeot ou Citroën ? Le design, le réseau commercial et le positionnement marketing. C’est à la fois beaucoup et fragile.
Opel et Vauxhall, les marques européennes sous pression
Opel (en Europe continentale) et Vauxhall (au Royaume-Uni) traversent une phase de repositionnement accéléré vers l’électrique. Ces marques, rachetées par PSA en 2017 avant la fusion, servent désormais de laboratoire pour la stratégie électrique du groupe en Europe.
Fusion PSA-FCA : retour sur les mécanismes d’une union présentée comme « entre égaux »
Le projet de fusion entre PSA et FCA a été annoncé le 30 octobre 2019. Le vote de création du groupe a eu lieu le 4 janvier 2021, et Stellantis est officiellement né le 16 janvier 2021. Le siège social est situé à Hoofddorp, aux Pays-Bas, un choix fiscalement stratégique.
La fusion a été présentée comme une opération entre égaux, mais les rapports de force n’ont jamais été parfaitement symétriques. FCA apportait un accès massif au marché nord-américain (Jeep, Ram, Dodge) et une présence forte en Amérique latine. PSA apportait une rentabilité opérationnelle élevée et un ancrage européen solide via Peugeot, Citroën et Opel.
Cinq ans après, le bilan de cette fusion dépend de la perspective adoptée. En termes de volume, Stellantis figure parmi les plus grands groupes automobiles mondiaux. En termes d’identité, le groupe penche de plus en plus vers les priorités de l’ex-FCA.
Les véhicules continueront de porter les logos Peugeot, Fiat ou Jeep. Les décisions sur ce qui se trouve sous le capot et dans quelles usines ces voitures sont assemblées racontent une histoire différente de celle promise en 2021. Pour les salariés, les sous-traitants et les territoires concernés en France, cette distinction n’a rien d’anecdotique.

