Salaire catégorie C : quel montant moyen en France ?

En 2023, le salaire net médian dans la fonction publique d’État s’établit à 2 300 euros mensuels, tandis que celui des agents de catégorie C atteint difficilement les 1 800 euros. Les écarts persistent malgré plusieurs revalorisations successives, souvent absorbées par l’inflation ou limitées par le gel du point d’indice.Les différences de rémunération entre titulaires et contractuels s’accentuent selon le versant, la grille indiciaire restant le principal facteur de modulation. Les inégalités salariales demeurent notables, en particulier dans la fonction publique territoriale, où les montants versés aux agents de catégorie C varient fortement d’une collectivité à l’autre.

Comprendre la catégorie C dans la fonction publique : missions, accès et spécificités

Tous les secteurs publics français s’appuient sur la catégorie C pour assurer leur fonctionnement quotidien. Ces agents représentent encore aujourd’hui près de 39 % du total, c’est-à-dire environ 2,3 millions sur les 5,8 millions d’employés du service public. La répartition elle-même fluctue : l’État concentre la masse la plus importante, suivi par les collectivités puis les hôpitaux.

Parler de la catégorie C, c’est évoquer l’exécution, mais il serait réducteur de s’arrêter là. Au quotidien, ils épaulent, organisent, vérifient, accompagnent. Ce sont eux qu’on croise dans les écoles, les services municipaux, les hôpitaux, les équipes d’entretien, ou encore à l’accueil des mairies. Sous ce label d’agent de catégorie C, une vraie diversité de fonctions : agent de mairie, magasinier d’État, agent technique dans une collectivité, brancardier hospitalier, adjoint administratif, pour ne citer que ces exemples concrets.

Accès et déroulement de carrière

L’accès à la catégorie C varie. Certains recrutements ne réclament aucun diplôme, d’autres imposent au moins le brevet. Pour entrer, le concours reste la voie principale, avec des exigences qui s’adaptent selon le poste visé. La progression obéit à une grille indiciaire nationale. Chacun monte les échelons au fil des années, l’ancienneté faisant son œuvre lentement, la mobilité offrant parfois de nouvelles perspectives et la promotion interne permettant, pour quelques-uns, de changer de catégorie. Mais la majorité des agents de catégorie C évoluent dans la même classe toute leur carrière.

Pour mieux situer ces agents dans la structure du service public, voici les domaines où ils sont déployés :

  • Fonction d’État : toutes les administrations centrales, les ministères, les établissements scolaires ou encore les préfectures
  • Fonction territoriale : mairies, conseils départementaux et régionaux, offices publics locaux
  • Fonction hospitalière : hôpitaux publics, EHPAD, établissements de santé

La catégorie C reste la voie d’entrée privilégiée pour rejoindre la fonction publique, mais aussi le groupe où l’on retrouve le plus de carrières linéaires, peu investis par les passerelles vers la catégorie B. La grille détermine la progression, mais l’évolution réelle, en poste ou en rémunération, demeure limitée.

Quels sont les salaires moyens en catégorie C selon les trois versants de la fonction publique ?

Le salaire brut à l’embauche d’un agent de catégorie C s’élève actuellement à 1 801,73 euros par mois (indice majoré 366). Cette somme dépasse tout juste le niveau du SMIC qui atteindra 1 830 euros en 2026. Aucun agent ne peut être rémunéré sous ce seuil. Mais ce chiffre d’entrée cache des réalités différentes selon les secteurs et les primes.

Dans la fonction publique d’État, le salaire net moyen monte autour de 2 886 euros par mois. Ce total intègre traitement indiciaire, indemnités et primes, qui restent traditionnellement plus élevées dans les ministères que dans les autres versants. Inversement, la fonction publique hospitalière s’établit à un niveau moyen de 2 842 euros nets, porté notamment par les majorations pour travail de nuit ou service permanent.

Côté fonction publique territoriale, le salaire net moyen atteint 2 254 euros par mois. Une moyenne qui masque toutefois de forts contrastes entre communes urbaines et collectivités rurales, chaque politique locale infléchissant le montant des primes attribuées.

L’Insee relève un salaire net moyen de 2 652 euros pour l’ensemble du service public (données 2023). Mais la médiane offre un tout autre angle : 2 061 euros. Cette différence illustre la masse d’agents positionnés en bas de grille ; la catégorie C pèse beaucoup dans cette répartition, tirant mécaniquement la moyenne vers le bas.

Fonctionnaires et contractuels : des écarts de rémunération à la loupe

Dans la catégorie C, la majorité des personnels relèvent du statut de fonctionnaire. Cependant, la fonction publique s’appuie aussi sur des milliers de contractuels, embauchés en CDD ou en CDI, pour couvrir les besoins. Leurs fiches de paie traduisent des écarts tenaces, même pour des fonctions très proches, voire identiques.

Les chiffres observés dans la fonction publique territoriale parlent d’eux-mêmes : un contractuel percevait en 2020 un salaire net moyen de 1 730 euros, là où un titulaire atteignait 2 095 euros nets par mois. Presque 400 euros d’écart chaque mois. Cette différence tient notamment à la grille indiciaire, bien plus favorable aux titulaires à mesure que l’ancienneté progresse, et aussi à des primes souvent inexistantes pour les contractuels.

Pour les agents contractuels, la rémunération dépend avant tout de la qualification exigée et de l’expérience de l’intéressé. Ces conditions laissent parfois place à une relative marge de négociation, ponctuée, à la fin d’un contrat, d’une indemnité spécifique de précarité correspondant à 10 % du salaire brut total. Mais cette mesure ne parvient pas à effacer l’écart de traitement constaté avec les titulaires.

Ce déséquilibre alimente un questionnement de fond. Alors que la fonction publique cherche à valoriser l’engagement et à attirer de nouveaux profils, notamment dans les secteurs où la tension sur les effectifs est tangible, la fracture salariale et statutaire constitue un véritable défi à relever.

Agent municipal en extérieur avec véhicule de service

Grilles indiciaires, primes et inégalités : décryptage des facteurs qui influencent le salaire

Toute rémunération en catégorie C repose d’abord sur la grille nationale des indices. L’échelon détermine le montant du traitement indiciaire : il suffit de multiplier l’indice majoré du poste (par exemple, 366 à l’embauche) par la valeur du point d’indice (4,92278 euros pour 2025-2026) pour obtenir la base brute. Les évolutions d’échelon suivent l’ancienneté, tandis que les avancements de grade se méritent, souvent à l’issue d’un parcours stable et de nombreuses années de service. Si une promotion interne ouvre des perspectives, peu d’agents de la base franchissent ce seuil.

Mais à ce socle s’ajoute le grand jeu des primes et indemnités : elles peuvent compter pour près d’un quart du revenu mensuel d’un agent de catégorie C. Leur nature et leur poids varient. Parmi les composantes les plus courantes, on retrouve :

  • RIFSEEP (ensemble d’indemnités englobant IFSE et CIA)
  • Indemnité de résidence, modulée en fonction de la localisation géographique
  • Supplément familial de traitement, prévu pour les foyers avec enfants à charge
  • NBI (nouvelle bonification indiciaire), attribuée pour certaines fonctions ou responsabilités spécifiques

Le système promet sur le papier l’équité, mais les différences subsistent. En catégorie C, l’écart de rémunération femmes-hommes atteint selon les récentes études -10,2 %. Les prime allouées, très inégales suivant la structure et plus restreintes dans la territoriale ou l’hospitalier, accentuent les hiérarchies et figent parfois la mobilité professionnelle. Au final, la trajectoire salarie d’un agent dépend de trois variables : l’échelon atteint, le type de structure et les politiques locales qui conditionnent l’attribution des primes.

Attendre des miracles de la seule grille, espérer que les primes changent la donne ou miser sur une politique salariale uniforme revient à passer à côté de la réalité de terrain. La progression est balisée, lente, inégalitaire ; et derrière chaque chiffre, il y a des parcours, des dilemmes, des décisions affrontées année après année. C’est là, dans ces vies concrètes, que se joue la véritable histoire des salaires de la catégorie C.

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